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La revanche de Lionel Jospin

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La campagne de 2002 a été ratée et Jospin certainement le meilleur ex futur président que la France aurait pu avoir est battu sèchement au premier tour. Cet épisode, un premier temps traumatique car nous privant du réel choix démocratique que nous faisons maintenant tous les cinq ans, explique les aberrations actuelles de notre système politique, médiatique et économique.
La campagne de 2007 a vu l’affrontement de deux candidats peu enthousiasmants. Un petit chef allait tout casser, porté par une capacité à communiquer hors du commun. Une femme respectable au demeurant était arrivée là par la même magie de la communication et de l’image. Les deux n’étaient pas préparés et ne savaient pas ce qu’ils allaient faire après. Sarkozy, une fois élu, est donc parti à fond dans une direction pour faire demi-tour et tout changer trois ans après.
La campagne de 2012, je crois, a atteint des sommets de médiocrité. Avons-nous une fois parlé réellement de ce qu’il convenait de faire après l’élection ? Le président en place nous a servi une sauce réchauffée, souvent indigeste pour beaucoup de monde. Le Président légitimé par la crise et la guerre avait en face une gauche plombée par le scandale Strauss-Kahn, divisée par un parti écologiste immature, lestée par un candidat finaud avec peu de charisme. Sarkozy était tellement décrédibilisé qu’il a eu recours aux dernières bassesses démagogiques pour essayer d’être élu. Le challenger s’est laissé porter sans prendre aucun risque, rendant quand même trois points à l’adversaire pour manque de combativité. Élu aujourd’hui, il va payer cher le fait de n’avoir pas proposé un réel choix aux Français !
La campagne présidentielle de 2017 sera-t-elle l’occasion de présenter à notre peuple un projet nouveau et révolutionnaire ? De toute manière une nouvelle voie ne peut en aucun cas être incarnée par un membre de notre classe politique actuelle allant du Front national au NPA en passant par le PS et l’UMP. L’UMP « coppeiste » ou « fillloniste » ne pourra se défaire en cinq ans de sa glu sarkosyste et le programme UMP est au mieux conservateur et au pire rétrograde. La Gauche de gouvernement est et restera un autre conservatisme bon teint, timide et sans grande ambition. Les autres partis sont bien faibles, sans crédibilité, sans troupes, sans électeurs ou sans réelle envie de gouverner.
L’objectif ici est de montrer qu’une nouvelle voie de développement est possible. La France est un grand pays au sens politique. Elle a la capacité de proposer un nouveau modèle de développement pas seulement pour elle-même. La globalisation des moyens de communication donne la possibilité de toucher le cœur et l’esprit de tous les peuples.
Force est de constater aujourd’hui que la France a perdu la maîtrise de son avenir. Elle a les talents pour le faire, mais elle n’a pas la classe dirigeante politique, économique et médiatique capable de le faire. Les forces de notre pays sont nombreuses, mais nos hommes politiques ne les voient plus. Ils ne sont plus capables de s’appuyer sur notre peuple pour inventer un futur ambitieux.
Comme le craignît le général de Gaule, les partis politiques ont confisqué le pouvoir à leur profit et leurs préoccupations sont à l’opposé de celles du peuple. Ils ont abandonné la rigueur intellectuelle, les valeurs fondamentales de notre pays, la confrontation au réel pour s’adonner à la démagogie, au défaitisme devant les évènements extérieurs, à la facilité électoraliste, au réformisme régressif, à l’abandon de toutes idées de progrès social. Ils se laissent porter par la démagogie. Selon Wikipédia, « le discours du démagogue sort du champ du rationnel pour s’adresser aux pulsions, aux frustrations du peuple. Il recourt en outre à la satisfaction immédiate des souhaits ou des attentes du public ciblé, sans recherche de l’intérêt général mais dans le but de s’attirer la sympathie et de gagner le soutien. L’argumentation démagogique peut être simple afin de pouvoir être comprise et reprise par le public auquel elle est adressée. Elle fait fréquemment appel à la facilité voire la paresse intellectuelle en proposant des analyses et des solutions qui semblent évidentes ».
Les principaux organes du corps de la France sont en bonne santé, mais certains organes vitaux sont en danger. En premier lieu, le cerveau droit qui regroupe nos élites politique, économique et médiatique est atteint de cécité avancée devant les souffrances réelles du peuple. Cela inclus ceux qui s’appellent eux-mêmes les décideurs.
Par contre, le cerveau gauche va plutôt bien. L’éducation et les recherches industrielle et fondamentale vont plutôt bien et restent malgré les coups de boutoir du cerveau droit parmi les meilleurs au monde. Le cœur regroupant les citoyens et les entreprises va plutôt bien. Une bonne natalité montre une confiance certaine dans l’avenir. Les investissements productifs sont élevés. L’agriculture et les petits commerces prouvent leur dynamisme. Les ouvriers, les techniciens et les ingénieurs restent motivés et sont parmi les plus productifs au monde. Les poumons qui oxygènent le peuple comme l’école, les arts, les spectacles, la culture matérielle ou virtuelle vont aussi plutôt bien.
Les défenses immunitaires, la médecine, la justice, la police et l’armée fonctionnent plutôt bien malgré les coupes sombres et souvent aveugles des politiques. Ils ont décidé que l’on se soignait trop uniquement parce que la sécurité sociale est en déficit. Ils ont décidé que c’étaient moins cher et très efficace de mettre de plus en plus de gens en situation de délinquant et de plus en plus de gens en prison. Heureusement que la majorité de nos médecins et de nos juges sont vigilants! Ils sont prêts à tailler encore dans les forces vives de notre armée par leur gabegie financière.
Enfin, le muscle économique fonctionne correctement, mais subit des attaques incontrôlées, erratiques et contradictoires. Le sang circule, les capitaux et les citoyens peuvent se déplacer là où ils sont utiles. Là où on manque de ressources, nous trouvons de la main-d’œuvre émigrée pour faire le pain des Français même si cela n’est pas assumé !
J’ai conscience que le bilan que je dresse est à l’opposé de ce que nous entendons partout et cela est un de nos problèmes fondamentaux. Regarder la réalité telle qu’elle est et non pas telle qu’ils voudraient la voir reste un défi pour nos politiques. Ils ont drogué le peuple depuis des décennies aux piqûres de bonheur. Dormez braves gens, nous nous occupons de tout. Mais la crise ou les crises à répétition ont cassé le vernis de sérieux dont ils s’étaient recouverts. Nous voyons la gangrène apparaître et le délabrement de leur organisation est patent. Ils sont perdus et répètent à l’envi des slogans inventés ailleurs dont le sens même leur échappe.
Quand j’entends le président et plus généralement les hommes politiques faire un diagnostic sur un sujet, je suis effrayé par l’ignorance réelle ou feinte de la matière traitée. Souvent la démagogie sous-tend les solutions proposées. Si le sujet devient technique et sort de l’œil médiatique alors, il a une chance d’être traité avec réalisme et pragmatisme. Que l’on parle de la condition des femmes, de la lutte contre les addictions, de la réduction des déficits, de la sécurité sociale ou du chômage, les concepts retenus sont vagues. Souvent les évidences qui servent de pensée stratégique et tactique conduisent à des solutions théoriques qui au mieux ne changent rien ou au pire aggravent les problèmes d’année en année. Nos politiciens sont malades de démagogie galopante. Ils sont tous touchés à plus ou moins grosse dose. Ils ont confisqué la démocratie. Ils ne savent plus écouter le peuple, prendre une décision, l’appliquer sur la longueur, vérifier les résultats et améliorer si nécessaire.
Si Jospin avait été président, rien de tout cela ne serait arrivé. Sa rigueur intellectuelle, sa capacité de travail et son aptitude à s’entourer de gens brillants et surtout efficaces auraient permis de faire la différence. Je me rappelle son obsession à avoir des indicateurs économiques au moins aussi bons que ceux de l’Allemagne. Il aurait su être notre « Schröder ». Il en aurait eu le courage. Malheureusement, il a été victime du « bashing » avant l’heure parce qu’il manquait de fantaisie, un peu comme notre premier ministre actuel. Jamais Merkel n’aurait pu être notre président en France !
Beaucoup de médias se cachent derrière leur désir de neutralité ou leur délire d’impartialité. Inconscients de leur rôle fondamental, ils sont embrigadés souvent dans des chapelles de pensée et de communication. Ils laissent les plus démagogues prendre le dessus. Pendant les quarante dernières années, j’ai bien l’impression que nous nous sommes trompés à chaque fois de président. Nous avons eu Giscard, il aurait fallu Chaban. Nous avons eu Mitterrand, il aurait fallu Rocard. Nous avons eu Mitterrand II, il aurait fallu Barre. Nous avons eu Chirac, il aurait fallu Balladur ou Delors. Nous avons eu Chirac II, il aurait fallu Jospin. Nous avons eu Sarkozy et il nous aurait fallu Strauss-Kahn. Nous avons Hollande et nous verrons en 2017 !
Pourquoi la France est-elle tombée dans une déprime profonde qui touche même maintenant les plus optimistes d’entre nous ? Nous savons que notre pays est riche et qu’il fait toujours partie des plus dynamiques au monde. Nos indicateurs de durée de vie sont en constante amélioration et nous sommes de mieux en mieux soignés. Nos enfants sont bien formés et voyagent partout sur la planète. Nous communiquons avec eux s’ils sont installés aux confins de notre monde. Malgré tout ce qu’on peut dire de positif, nos concitoyens sont tétanisés. Si vous écoutez les plus dynamiques, ils se plaignent en permanence de la dureté des temps. L’ex-premier d’entre nous allait sans cesse répétant que son travail était très difficile, qu’il avait beaucoup trop de responsabilités et qu’il était difficile pour lui de prendre toutes ces décisions !
Nous revenons comme en sport aux fondamentaux. Nous consolidons les bases de notre société avancée et démystifions les imposteurs et les tartuffes qui la minent. Nous souhaitons tordre le coup à toutes ces fadaises répétées en boucle aujourd’hui sans plus y réfléchir. Un effort est nécessaire pour redonner du sens aux mots et ne plus laisser les petits voyous qui gouvernent nous embrouiller le cerveau. Il faudra faire des choix et les assumer ! Il faudra mettre en place une méthode de travail et de nouveaux outils. Et enfin, il faudra réaliser sur la durée, choisir un cap et s’y tenir.
Il est indispensable que notre nouvelle classe dirigeante se remette au travail et que tout le monde le fasse aussi. Cela veut dire arrêter les solutions-miracles comme un jour la TVA sociale, l’autre la CSG, un jour tout sur le photovoltaïque et le lendemain tout sur la voiture électrique, un jour le bouclier fiscal et après le choc de compétitivité. Halte à la facilité !
Les journalistes ont aussi de gros efforts à fournir ! La spécialité actuelle est de répéter en boucle les mêmes choses en faisant monter la maillonnaise pendant trois jours sur un sujet pour l’oublier ensuite. Comme de Closet qui pense avoir toutes les solutions, il édite un livre de temps en temps depuis trente ans en espérant qu’un jour il aura raison. Il me fait penser avec effroi au héros du « Désert des tartares » de Dino Buzzati. Le héros passe sa vie entière à attendre qu’il se passe quelque chose pour avoir la gloire ! Le persiflage et la rumeur facile vis-à-vis de nos hommes politiques sont à remplacer par le travail de critique sérieux et non complaisant. Ces journalistes ne font par leur travail mais ils donnent en permanence des conseils souvent aussi contradictoires que ridicules à ceux qui prennent les décisions. Ils nous servent des banalités affirmatives non argumentées qu’il faudrait accepter sans nuances. Selon eux nos hommes politiques sont honnêtes dans leur très grande majorité ! Qu’en savent nos journalistes ? Il ne font pas le travail nécessaire pour le démontrer et par là ils trahissent la république et contribuent à décrédibiliser la Politique. Il y a pour moi une démagogie symétrique à affirmer que les politiques sont presque tous pourris ou qu’ils sont presque tous honnêtes.
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