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Le sarkosien

L’homme politique moderne réunit un ensemble de caractéristiques dont notre précédent président de la République est le spécimen typologique. Nous allons donc inventer un nouveau nom commun : le sarkosien. Le sarkosien est un type d’homme politique né début des années 70 avec le premier choc pétrolier. Il aura disparu, en 2017, après la révolution duale et l’arrivée au pouvoir des démocrates avancés !

Sarkozy est l’emblème de notre classe politique française actuelle. Il concentre les faiblesses des politiciens que la grande majorité des Français détestent. En disant cela, je ne dédouane certainement pas les autres et surtout pas nos extrémistes d’opérette, de gauche, de droites ou écologistes. Le sarkosien est l’archétype de l’homme politique de la cinquième république post gaulliste et dans ce sens, Sarkozy les représente tous avec brio.

Le sarkosien est l’homme politique moderne qui sait gagner la confiance du peuple par la magie du verbe. C’est en fait assez facile, car la nature généreuse des hommes en décide ainsi. Mais la confiance du peuple ne se garde que par le respect de la parole donnée. Les sarkosiens de tous bords peuvent méditer !

Plusieurs armes de destruction massive permettent aux sarkosiens de garder le peuple entre leurs griffes et donc de garder la petite parcelle de pouvoir qu’ils ont.

L’utilisation systématique du terrorisme intellectuel sert aux sarkosiens à grossir leur clientèle. Si vous ne votez pas pour eux, la France sera accablée par toutes sortes de maux. Le Pen a inventé la France envahi par des hordes menaçant sa culture, sa langue et ses emplois. Sarkozy verbalise la France de tous les déclins et de toutes les menaces sécuritaires. Bayrou promet la guerre permanente entre la gauche et la droite et seul lui amènent la concorde et sait réformer la France. Les socialistes ont accaparé la notion de justice à leur profit et en font un leitmotiv vide de sens. Sans eux, le peuple n’a pas de protection contre les méchants capitalistes. Mélenchon et ses militants nous expliquent que nous sommes exploités et perdus dans l’Europe. Les écologistes nous menacent de l’hiver nucléaire et de la fin de la vie humaine sur terre. L’extrême gauche menace notre âme de perversion par le grand capital.

Les sarkosiens utilisent en permanence la dialectique moderne pour passer les messages de peur. Cette technique de communication, inventée par les communistes et perfectionnée par les communicants, a créé de nombreuses expressions creuses. Elles font peur comme le capitalisme rapace et ses ultra-capitalistes, le peuple qui n’aiment pas les riches et la prise de risque, le bras armé des groupuscules sectaires, les islamistes et Al Kaïda, la finance internationale qui veut asservir le peuple, les migrants déferlant dans nos pays déjà surpeuplés, la crise écologique majeure que nous vivons aujourd’hui, les OGM qui menacent nos campagnes et nos assiettes. Une des plus jolies expressions, mais des plus angoissantes, est la pensée unique ! Tous les fantasmes sont exploités pour faire peur. Rappelez-vous en 2002, comment la campagne électorale avait dérivé sur un fait-divers sordide et souvenez-vous de l’exploitation qui en a été faite ! Pensez-vous que dans ces conditions de conditionnement l’électeur puisse faire un choix serein ? Les arguments terroristes utilisés sont variés. Pour Marine le Pen, la France va être soumise à la charia. Ils vont obliger nos femmes à porter le voile. Pour Nicolas Sarkozy, la France n’aurait pas passé la crise sans lui. Imaginez si quelqu’un d’autre que lui avait été au pouvoir, la France se serait arrêtée ! Au-delà de la forfanterie de cette posture, cela démontre un manque de confiance dans les capacités collectives de notre pays. Braves gens, vous avez besoin d’un guide sinon c’est la chute ! Les centristes eux seraient les seuls à assurer la concorde entre tous. Les Français à soixante pour cent seraient d’accord avec eux, mais nous ne savons pas sur quoi ! Sans les socialistes les Français risquent d’être nus devant le capitalisme. Les socialistes sont des infirmières apportant les baumes réparateurs. Madame Duflos voit la terre mourir sous ses yeux. Sans ses remèdes de cheval, nous allons tous être grillés par le réchauffement climatique. Pour les barons du front de gauche, le capitalisme nous asservit en nous appauvrissant et nous transforme en bête consommatrice sans cervelle. Le grand capital organise en secret le chômage pour nous faire peur.

L’irresponsabilité est une des autres caractéristiques du sarkosien. Qu’il réussisse ou qu’il manque ses objectifs, il reste, car il est le meilleur. Sarkozy, dont la défaite était annoncée depuis deux ans, a voulu nous faire croire que sans lui nous étions perdus et que lui seul savait ce qu’il fallait faire. Il venait juste de redécouvrir trois mois avant l’élection la TVA sociale qu’il avait mise sous le tapis au début de son mandat. Dans la même veine, j’augmente le chômage, je reste : Mitterrand 2008, Chirac 1997, Fillon 2010. Nous savons aujourd’hui pourquoi Fillon voulait absolument rester. Il voulait devenir président de l’UMP et donc notre prochain président. Ils sont tous incorrigibles. Quand une politique économique ne marche pas, c’est la faute des autres, surtout au peuple mais aussi à la crise internationale, aux Chinois, aux émigrés, à l’Europe ou aux États-Unis. Les échecs successifs des politiques de l’éducation sont imputés à ces parents qui ne savent plus éduquer leurs enfants. Le chômage est bien sûr dû à ces feignants qui ne veulent pas bosser. Notre incapacité collective à réduire le chômage est prétendument due à ces Français qui n’aime pas les riches et ceux qui prennent des risques. Les Français n’aiment pas l’argent ! Mais depuis quand devons-nous aimer notre marteau ? Nous sommes souvent au niveau de la cour de récréation lorsque nous parlons de politique en France.

L’autre bijou de l’arsenal du sarkosien est la prohibition. Il interdit tout et il est content de lui. Il n’a pas les moyens de mettre en place et de contrôler, mais ce n’est pas grave plus c’est gros et plus ça passe. Le sarkozy fait de la prohibition et clame partout son courage. Mais le peuple trinque avec les dealers et les trafics à gérer dans les quartiers. Les parents sont seuls devant un enfant dans la drogue. Les règlements de comptes dans nos cités font la une régulière des journaux. L’environnement scolaire est devenu un haut lieu du trafic, mais c’est la faute aux parents. Même les écoles privées sont gangrenées ! Un principal de collège de mon fils m’a dit un jour ingénument : « Mais vous savez, Monsieur, là où il y a de l’argent, il y a du trafic de drogue“ !

Le sarkosien est un grand démagogue. Il promet tout et à tout le monde surtout en campagne électorale. Il recommence souvent en cours du mandat lors des débats télévisés. Il promet de faire baisser le chômage. Il promet de prendre les meilleurs au gouvernement. Il promet de sauver l’aciérie de Gandrange ou de Fleurange. Les exemples sont aussi variés que pittoresques. Pourquoi notre classe médiatique accepte-t-elle de tels enfantillages ? Les plus risibles de ses démagogues sont ces responsables de petits partis qui promettent tout et n’importe quoi. Ils n’ont jamais exercé la moindre responsabilité politique à n’importe quel niveau, mais ils donnent des leçons à la terre entière. Jamais élus, sans aucun sens du compromis et du travail en équipe, ils ne vont pas une fois au pouvoir changer le plomb en or ! Ces expériences se terminent toujours mal ! Le démagogue n’assume pas grand-chose. Il recherche en permanence des boucs émissaires qu’il jette en pâture à la population. Même si nous avons des crises récurrentes depuis vingt ans, il fait toujours un programme électoral pour le beau temps sans crise. Après être élu, il ne tient pas ses promesses. Il se justifie par l’argument infaillible : « si je ne tiens pas mes engagements, c’est la faute à la crise ». Il vous traite de menteur si vous n’en convenez pas.

Le sarkosien est volontiers populiste. Il hait simplement les élites qui le critiquent ou qui ne jouent pas son jeu. Bien sûr, il ne supporte pas l’élite intellectuelle qui émancipe le peuple. Il ne supporte pas l’élite médiatique qui fait son boulot de recherche de la vérité. Il ne supporte pas l’élite judiciaire qui ose toucher à ses affaires. Il ne supporte pas non plus l’élite artistique qui ne se tait pas. Il ne supporte pas l’élite de la médecine et de la recherche qui démonte patiemment ses archaïsmes. Il n’aime pas les élites religieuses qui ne sont pas sous sa coupe. Il n’aime pas l’élite industrielle qui travaille en silence et qui réussit. Il ne supporte pas bien l’élite économique qui le ramène sans cesse à son inconséquence. Il ne supporte pas l’élite populaire qui n’utilise pas les codes de sa communication aussi pompeuse que trompeuse. Il ne supporte pas les parlementaires qui ne se couchent pas assez vite ou qui sont des godillots suivant qu’il est au pouvoir ou dans l’opposition.

Le sarkosien est un prétentieux qui se plaint souvent que l’on résiste à ses idées géniales. Il s’offusque de l’opposition qui critique ou de la majorité des Français qui refusent ce qu’une minorité voudrait lui imposer. Dans le domaine de l’éducation, les politiques qui ne marchent pas sont la faute des enseignants qui n’appliquent pas. Ils sont tous syndicalisés. Il ne faut pas le dire, car ils vont se mettre en grève ! Les plus prétentieux sont souvent les chefs de file des petits partis. Ils proposent souvent de vieilles recettes qui n’ont jamais marché là où elles ont été expérimentées. Ils sont incapables de gagner une élection locale, mais ils prétendent diriger la France !

Le sarkosien utilise le mensonge en permanence que les journalistes appellent par euphémisme contre-vérité. Je me suis longtemps demandé si les grosses bêtises proférées étaient volontaires par cynisme ou involontaires par ignorance. Je crois malheureusement que ce sont les deux. Nos hommes politiques sont essentiellement ignorants de la vie réelle. Ils sont souvent politiciens professionnels et cumulards. Ils n’ont aucun recul sur la société et en plus ils survolent leurs fonctions politiques. Ils sont par contre experts en dialectique et en manipulation des foules. Ils sont souvent brillants en campagne électorale mais assez nuls pour résoudre les problèmes concrets. Ils sont capables de justifier avec le même aplomb la chose et son contraire. Il suffit de savoir s’ils sont dans la majorité ou dans l’opposition. Ils sont souvent amnésiques des mesures qu’ils ont prises quand ils viennent juste d’être battus. Beaucoup de citoyens connaissent par cœur toutes leurs grosses ficelles, mais les sarkosiens continuent de faire tourner leur disque rayé à chaque élection avec tambours, grosses caisses et débats débiles. Ils sont comme des magiciens dont on connaît tous les trucages de leurs numéros.

L’immodestie est aussi une caractéristique de notre sarkosien. J’entendais l’ancien ministre de l’Économie répondre avec morgue à un de ses contradicteurs : « Nous, Madame, nous écrivions l’histoire lors de la crise de 2008 ». Mais, Monsieur, ce n’est pas à vous de décréter que vous avez fait l’histoire. Ce qui est sûr est que vous avez subi l’histoire. Vous avez été obligé d’appliquer dans l’urgence des mesures décidées par d’autres. Vous avez fait croire à notre peuple que vous maîtrisiez la situation. En fait, vous avez, au cours de la dernière décennie, mis la France en situation de fragilité vis-à-vis de la finance mondiale qui décide aujourd’hui de notre devenir. Revenez sur terre et à la réalité et redécouvrez le peuple et sa vie de tous les jours ! Je vous informe, Monsieur, que le ministre de l’Économie de 1929, Henry Chéron, bien que très connu à son époque, n’est pas passé à la postérité pour avoir sauvé le pays de la crise mondiale !

Le sarkosien est un tricheur. Il triche sur la nature même du système économique dans lequel il évolue. Il gère un pays appartenant au club fermé des nations qui ont mis en place le système de l’économie de marché. Pour des raisons obscures, il n’assume pas cette situation et mène une politique de gribouille qui se présente comme anticapitaliste en France. Il est amené à ne pas respecter les valeurs fondamentales du système comme la liberté et la responsabilité des acteurs, la libre concurrence et le libre-échange. Il n’assume pas. Il triche en faisant croire au peuple qu’il s’occupe de tous les problèmes et qu’il a des solutions pour tout. Cet état, tout-puissant en parole et si faible dans les faits, crée un sentiment d’abandon parmi les citoyens. La classe médiatique amplifie ce phénomène par la même question répétée cinquante fois par jour : « Que fait l’état ? ». La conséquence immédiate dramatique est l’irresponsabilité des acteurs par leur infantilisation. Un des derniers exemples en date est le problème de la tricherie sur la viande. Que fait l’état pour empêcher l’arnaque ! Pourquoi ne surveille-t-il pas les étiquettes ! Quelle nouvelle usine à gaz va-t-on mettre en place pour pallier l’irresponsabilité des acteurs ? Un autre problème récent est le scandale des pilules. Les médecins se cachent derrière l’État qui autorise les mises sur le marché. Un célèbre professeur pas tout jeune dans le système a fait une saillie médiatique reportant toute la responsabilité sur le ministre de la santé qui ne servirait à rien !

Le sarkosien est souvent naïf et couard. Au naïf en économie s’ajoute le naïf dans le domaine de la sécurité ou de l’immigration. Nous en avons entendu des rodomontades en tous genres et des discours pleins de testostérone. « J’irai chercher la croissance avec les dents » disait Sarkozy. « Je vais terroriser les terroristes » disait Pasqua ! Le sarkosien a tellement menti qu’en plus de ses oppositions visibles, il est tétanisé par une opposition cachée qui est sa propre base militante. Il a tellement joué avec la crédulité de tous ceux qui lui ont fait trop confiance qu’il se met lui-même dans une nasse d’impuissance. Il croit qu’il est suffisamment fort pour plier le réel à son volontariste, mais le peuple ne peut que constater sa faiblesse. Sarkozy n’a même pas eu le courage de supprimer les 35 heures qu’il présentait comme le diable. Le sarkosien a en fait peur du peuple qu’il ne connaît pas. Le peuple est comme un lion en cage gavé par les politiciens. S’il rugit un peu, on lui ressert une louche de démagogie. Le peuple a une indigestion et ne veut plus ingurgiter cette bouillie infâme. Il menace à chaque élection de se révolter par l’abstention ou par le vote aux extrêmes. Mais rien ne change, car comme disait Churchill, « le politicien voit sa prochaine réélection quand l’homme d’État voit la prochaine génération ».

Pour être juste, le système démocratique actuel pousse nos politiciens à amplifier ce côté démagogique pour avoir une chance d’être élu. Plus vous avez de voix, plus l’état vous donne de l’argent pour survivre. La démagogie tue la démocratie, mais on utilise la démagogie à outrance pour faire vivre la démocratie. Nos sarkosiens marchent sur la tête. Dans la cinquième république, le seul moyen d’être entendu est de participer à l’élection présidentielle. Nous avons ainsi un nombre pléthorique de candidats. Ils passent quatre-vingt-dix pour cent du temps de la campagne électorale à débattre d’inepties non applicables. Beaucoup de dérives actuelles condamnent à mort cette vieille cinquième république. Un système politique qui promeut des hommes politiques incapables d’améliorer les problèmes fondamentaux du pays comme le chômage, la dette, l’insécurité ou la drogue, qui a ruiné le pays et qui risque de mettre au pouvoir des populistes incompétents ne peut pas continuer comme cela !

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