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Dépenses autorégulées

La plus révolutionnaire des méthodes est la mise sous contrôle des processus de dépenses publiques par des boucles de réactions automatiques. Cette méthode permet la mise en œuvre d’une correction immédiate lorsque les dépenses publiques dérivent. L’objectif dual est le zéro déficit !

 

Les citoyens connaissent bien ce principe de boucle de réaction, encore appelé boucle fermée, pour le processus d’éducation des enfants. Lorsque votre enfant s’écarte du cadre que vous avez défini, vous le rappelez à l’ordre. Vous savez que si vous faites cela six mois après, cela ne sert à rien. Vous savez aussi que si la punition est disproportionnée cela va entraîner des désordres supplémentaires et des crises, voire la destruction à termes de votre autorité sur l’enfant. Vous perdez alors le contrôle de la situation. Si votre enfant peut faire ce qu’il veut quand il veut, il fonctionne en boucle ouverte. Cela devient très rapidement un drame pour les parents et encore plus pour l’enfant concerné, incapable de se situer dans l’espace et dans le temps présent de notre société. Au départ, les écarts sont faibles et l’on peut les limiter au cadre familial. Très rapidement, les écarts deviennent ingérables dans l’espace public. Les réactions des camarades de classe de l’enfant, de ses professeurs, puis des différentes autorités publiques jusqu’à la police vont le faire entrer en crise plus ou moins sévère. Sa résilience est possible mais seulement si des gens prennent le temps de comprendre son parcours, de lui expliquer les règles et de lui faire appliquer à un rythme adapté à sa compréhension et sa sensibilité.

 

Le processus est un ensemble coordonné d’actions permettant d’obtenir des résultats, ou sorties, en fonction de données, ou entrées. Le processus utilise les ressources mises à disposition pour assurer son fonctionnement. Toute action humaine suit un processus. Nous décomposons un processus complexe en sous-processus très simples à contrôler. Le contrôle des processus critiques se fait en boucle fermée. La boucle fermée est une réaction mise en œuvre automatiquement si la sortie s’éloigne du résultat théorique souhaité. Les processus non critiques peuvent fonctionner en boucle ouverte. Le temps de réaction du contrôle est le plus court possible, mais il est réaliste au vu des ressources disponibles. L’ampleur de la réaction est proportionnée afin d’éviter des chocs qui peuvent conduire à l’arrêt du processus voir à sa destruction.

 

L’exemple du sous-processus des remboursements de la sécurité sociale illustre simplement ce concept. Nous n’arrivons pas à réduire notre déficit nécessaire à la pérennité du système de santé. Notre processus de santé est simple. Des prescripteurs médecins, pharmaciens, hôpitaux, spécialistes, soignent tous les Français avec l’argent de la sécurité sociale et des mutuelles. Les industriels de la santé fournissent l’ensemble des ressources nécessaires médicaments, matériels, hôpitaux, analyses, transports. Les cotisations sociales des entreprises et des particuliers apportent l’argent nécessaire. L’état à travers ses lois et ses organismes paritaires régule le système. Vous allez dire que le système fonctionne en boucle fermée et que tous les acteurs sont satisfaits ! C’est vrai sauf que les dépenses augmentent plus vite que les recettes, car les Français souhaitent être de mieux en mieux soignés et cela est légitime. Des technologies de plus en plus chères sont disponibles et les Français les plébiscitent. Le processus qui génère le déficit n’est pas sous contrôle. Le processus est instable. En bon démagogue et afin de ne froisser personne d’important, nos politiques ont intensifié les contrôles, mais sur des processus mineurs et souvent en tapant sur les plus faibles ou sur des minorités fantasmées qui plomberaient les comptes, les pauvres et les tricheurs. Ensuite, ils ont décidé de réduire les dépenses dans les hôpitaux créant une zizanie que les moutons de panurge imputent aux seules 35-heures. Des plans permettent aux hommes politiques travaillant sur ce dossier d’autoproclamer leur courage, mais ils empilent souvent des cautères sur des jambes de bois. Beaucoup de choses utiles ont été faites ces dernières années et nous les continuerons, mais l’essentiel n’est pas là. Deux erreurs majeures ont été commises. Il n’y a pas de mise sous contrôle direct du déficit de la sécurité sociale avec une boucle de réaction plus courte adaptée aux moyens informatiques disponibles aujourd’hui. Nous parlons du déficit une fois par an. Tout le monde s’émeut, mais nous recommençons la même gabegie l’année suivante. Il n’y a pas non plus de boucle fermée qui responsabilise tous les acteurs du système solidairement comme les consommateurs, les prescripteurs et les industriels du secteur. Le système fonctionne en boucle ouverte et tout le monde a intérêt à consommer ou à faire consommer plus sans pour autant améliorer le niveau global de santé. Les pauvres restent mal soignés et les gens aisés et les retraités consomment trop.

 

La méthode de contrôle des processus est très puissante. Elle oblige déjà à établir la cartographie des processus d’un système complexe et à comprendre les paramètres de sortie qui ne sont pas sous contrôle. Elle oblige à prendre des décisions cohérentes, car les améliorations ou détériorations sont visibles immédiatement. Elle donne aussi une méthode d’amélioration continue très subtile. Elle laisse une grande liberté d’action, mais interdit le laxisme en cas de dérive.

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